Devenir une femme dirigeante (sereine et alignée) dans un monde d'hommes
Ça m'a pris deux jours de larmes. Et six mois pour comprendre que ce « non » allait enfin me rendre ma vie de dirigeante.
Entrepreneuse — le livre qui raconte, de l'intérieur, comment j'ai arrêté de subir ma boîte pour la diriger. Et l'outil, à la fin de chaque chapitre, pour que tu fasses pareil.
Disponible dès demain, le 10 septembre 2026.

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Diriger ta boîte. Et bien dormir.
Décider sans procrastiner. Déléguer sans culpabiliser. Poser une limite sans te justifier pendant dix minutes après. Dire non à ce client, à cet associé, à cette réunion — sans avoir à te battre contre toi-même pendant trois jours avant d'y arriver.
Être enfin se-reine. Souveraine. À ta juste place — dans ta vie comme dans ton entreprise.
La question n'est pas « comment devenir une bonne dirigeante ». C'est : comment devenir la dirigeante de ton entreprise, sans finir dirigée par elle — par tes associés, tes équipes, tes clients, ton besoin d'être appréciée, ou tes propres peurs.

Voilà à quoi ça ressemble, en ce moment :
Tu es en réunion, et une partie de toi surveille ce que pensent tes employés plus que ce qui se décide. Tu relis les contrats page par page, pas forcément parce que c'est nécessaire, mais parce que tu ne fais pas encore confiance à ton équipe pour le faire à ta place.

Je suis partie 3 jours en vacances pour la première fois. Guy laisse Freddy — qui ne sait pas conduire — prendre le volant du 4x4 pour une urgence. Accident. « Je le savais, je laisse l'équipe 2h seule et voilà qu'elle se débrouille pour créer un accident ! Je me jure intérieurement de ne plus jamais déléguer ! » — la phrase est déjà écrite, elle est parfaite pour la page de vente telle quelle.
Avec tes équipes, tu es soit trop indulgente, soit tu finis par crier, jamais entre les deux. Tu passes de l'énergie à contrôler l'image qu'on a de toi.
Par exemple, un employé est revenu vers Aline, une de mes coachées, sur un sujet qu'elle lui avait déjà expliqué avec beaucoup de patience en lui re-demandant des explications, et Aline est complètement sortie de ses gonds, elle lui a crié dessus : « J'en ai ras le c*l de t'expliquer 15x les mêmes choses, démerde-toi ! » .
Tu ne penses qu'au boulot, et tu n'arrives plus à te réjouir de rien d'autre.
Samedi matin, Marie, une coachée, doit aller au tennis avec ses enfants, mais elle s'est retrouvée encore à regarder ses mails, juste quelques minutes. Ses enfants, habitués, ont fini par aller à leur entraînement avec la voisine. Elle s'est retrouvée embarquée à nouveau dans une journée de travail le week-end, et a raté un moment privilégié avec ses enfants.
Tu te contentes d'un rôle dans ta boite, parce qu'on te l'a proposé, parce que tu as toujours fait cela. Tu sens bien que tu pourrais faire autre chose, mais tu n'oses pas déranger le statu-quo, et l'idée de faire de la « politique » dans ton entreprise te semble une perte de temps.
Claire, une autre coachée, co-fondatrice de sa boite, son associé a pris le rôle de DG et elle s'est retrouvée avec un rôle pas très bien défini. Elle voulait quelque chose de beaucoup plus stratégique mais elle s'est sacrifiée, parce qu'elle n'a pas osé remettre en question l'organisation de l'entreprise. Elle a laissé la priorité aux autres de définir ce qu'ils voulaient avant d'affirmer ses envies.

Tu as recruté quelqu'un pour te soulager. Pourtant, à 22h30, tu es encore en train de relire son travail « juste pour vérifier ».
Tu voudrais arrêter la collaboration avec ce client depuis six mois. À chaque fois, tu trouves une nouvelle bonne raison d'attendre.
Ton agenda est plein de réunions que tu n'as pas vraiment envie d'avoir. Mais les annuler te paraît presque plus fatigant que d'y assister.
Tu rêves d'un nouveau projet, d'un autre rôle, parfois même d'une autre vie. Puis lundi arrive et tu recommences exactement la même semaine.
Et surtout, tu te racontes ça :
« J'ai pas pu sortir tôt, je devais finir ce document. »
« J'ai pas eu le choix, j'allais perdre ce client. »
« J'étais obligée, c'est mon associé qui me l'a imposé. »
Et tu te sens seule. Terriblement seule.

Ce que tu veux vraiment c'est :
Bref, créer la boîte et le rôle de dirigeante que tu as vraiment envie d'avoir.
Te sentir libre de créer, d'expérimenter, plutôt que de cocher des cases que la société, ou quelqu'un d'autre, a décidées à ta place.
Tu n'es pas seule.
Je retrouve les mêmes frustrations et envies chez les dirigeantes que j'accompagne en coaching.
Jessica, entrepreneuse aguerrie, rêvait de déménager à New York depuis des mois alors que son équipe était basée en Afrique. Elle n'osait pas en parler à ses associés, comme si changer de lieu de vie n'était tout simplement pas une option.
Il y a un an, j'ai vécu un moment qui, sur le coup, m'a semblé être la bonne décision.
Kilien, mon associé, négociait la répartition de nos parts dans l'entreprise. Il voulait plus de parts que moi.
Au début, je ne trouvais pas ça juste.
Puis, je me suis mise à sa place.
J'ai compris son argument, ses inquiétudes et son agacement. Et j'ai choisi d'accepter ses termes, même si ça voulait dire avoir moins de parts que lui.
Sur le moment, je me disais que c'était le bon choix. Empathique. L'associée qui ne fait pas d'histoires pour un chiffre.
En lisant Mona Chollet, des années plus tard, j'ai compris à quel point les femmes sont éduquées à prendre soin, à se mettre à la place de l'autre, à utiliser leur empathie. Parfois au point où elles prennent soin de ceux qui les oppriment !
Ce n'est que plus tard que j'ai fait le calcul : Kilien possède exactement 20 % de parts en plus que moi. exactement la différence de salaire enregistrée entre les hommes et les femmes en France…
Ma stratégie, jusqu'ici, a été de diminuer mes besoins pour préserver l'équilibre.
Une de mes coachées — belle carrière dans les télécoms — voulait candidater à un concours prestigieux de type « young leader ». Il lui fallait une lettre de recommandation de son boss. Elle a mis des semaines à se demander : « Est-ce que ça fait pas un peu trop de lui demander ça ? Il ne me connaît pas si bien. Il va penser que je pense trop à moi. » Elle a fini par demander. Il a été ravi. Elle a été sélectionnée dans ce programme hyper sélectif qui lui ouvre des portes qu'elle n'aurait pas imaginées pouvoir franchir.

Nous sommes nombreuses à perdre une énergie folle à diminuer nos besoins toute seule, dans nos tête, sans jamais les formuler.
On peut créer son entreprise pour être libre… et finir par recréer soi-même une prison faite de « je dois », « je n'ai pas le choix », de peur de décevoir, de besoin de contrôle, de rôles qu'on n'a jamais vraiment choisis.
Et ça ne protège rien.
Le sacrifice invisible ne crée aucune réciprocité.
C'est la norme de réciprocité (Gouldner, 1960) : une relation reste équilibrée seulement quand les deux parties perçoivent un échange.
Quand j'accepte 20% de parts en moins sans jamais dire « je fais une concession », mon associé ne l'enregistre jamais comme une dette envers moi, parce qu'il ne sait même pas que j'en ai fait une.
L'équilibre que je crois préserver n'a jamais existé à deux : c'est un transfert à sens unique, invisible pour l'autre. C'est exactement pourquoi « ça ne protège rien » : on ne peut pas rembourser une dette que personne ne sait avoir contractée.
Ignorer ce que je voulais vraiment pour ne pas déranger, pour ne pas passer pour quelqu'un d'exigeant, ça met le problème sous le tapis et à force, cela me coupe de mon énergie.
Pire, ça ternit la relation que je croyais préserver.
A force de valoriser le lien avant tes propres besoins, sans t'en rendre compte, tu commences à en vouloir à tes associés, tes clients ou tes employés.
Je demande à faire des points avec Loïc (collègue), qui se plaint de la redondance de suivi avec Kilien (associé). J'ai le sentiment d'être mise de côté. Cette situation aggrave mon sentiment d'injustice. J'avais espéré que nos investisseurs allaient nous interroger sur la différence de part, mais cela n'est jamais arrivé. Je trouve notre situation toujours déséquilibrée : j'ai vécu au Cameroun des années, j'ai monté les opérations de zéro, et pourtant c'est Kilien qui est le chef depuis la France. Je rumine en boucle sur le sujet. Au fond de moi, j'espère qu'une justice divine va rétablir le droit. Mais j'ai beau attendre, rien ne se passe.
Et leur en vouloir te rends sur les nerfs, à fleur de peau, irritable.
Tout en ayant l'impression d'être une mauvaise personne, pleine de rancoeur.
Tu fatigues, tu deviens cassante et tu as l'impression de te perdre un peu plus chaque jour. Parfois, tu fantasmes de tout arrêter.
Dans son livre, Silencing the Self: Women and Depression, publié en 1991, le psychologue Dana Crowley Jack appelle ça le « moi divisé », et c'est la source directe du passif-agressif.
Sa théorie identifie un mécanisme précis chez les femmes qui apprennent que le lien dépend de leur capacité à taire leurs besoins : elles développent un « self compliant » en surface (« les deux me vont ») et un « vrai self » qui accumule la colère en dessous.
Les deux ne communiquent jamais entre eux, jusqu'à ce que la colère sorte quand même, mais déformée : passive-agressivité, sarcasme, ou l'explosion (« tu finis par craquer »).
En voulant préserver le lien à tout prix, tu es exactement en train de faire l'inverse : inconsciemment tu manipules tes interlocuteurs en ne leur partageant pas tout ce que tu penses et ressens, afin d'être appréciée par les autres et te sentir en sécurité dans ton rôle.
Mais c'est de la manipulation…
Et la relation s'effrite par la colère sourde que tu accumules (et qui finira par exploser un jour).
Pourtant, ton authenticité est un cadeau, et la partager t'ouvrira à des relations profondes, plus saines, et t'ouvrira à des opportunités inédites que tu ne t'autorises pas encore à croire possible aujourd'hui.
Pour la simple raison que si on connait tes vraies intentions, ça se sent et tu deviens instantanément plus fiable pour les autres.
Ce qui alimente cette dynamique, ce n'est pas un manque de confiance, ni simplement un problème de limites. C'est plus profond : c'est l'idée même que tu te fais d'une « bonne dirigeante ».
Il y a un héritage culturel : la société ne valorise pas les femmes qui s'affirment.
Le conditionnement commence dès l'enfance : un garçon qui s'affirme avec fermeté est valorisé, or chez une fille c'est plus perçu comme de la froideur.
Alors, en tant que femme, nous avons tendance à valoriser le lien avant soi, et cela ressort particulièrement quand on dirige son entreprise.
Par exemple, te retenir de dire quelque chose à un collègue de peur de comment il va le prendre, même si tu sais que ça influe négativement sur la performance de ton entreprise.
Tu réfléchis des heures avant de dépenser l'argent de ton entreprise pour toi, pour une formation, pour un trajet en avion sans escale, pour une chaise plus confortable.
Et, de manière générale, tu attends que l'on te donne quelque chose, plutôt que de demander pour ne pas déranger.
Inconsciemment, tu optimises le lien avec tes associés et tes collègues, souvent à tes dépens, et à ceux de ton entreprise à terme.
Alors, qui dirige vraiment ? Ta peur de décevoir ? Le regard des autres ?
Ou toi ?


C'est exactement ce que je raconte dans Entrepreneuse. Pendant 7 ans, j'ai dirigé upOwa, une entreprise que j'ai fait passer de zéro à 300 salariés et 250 000 personnes équipées en énergie solaire au Cameroun, jusqu'à sa revente à EDF.

Boy's club, dynamique de pouvoir avec un associé, hypercroissance, et en toile de fond, un sentiment de frustration grandissant.
Jusqu'au jour où j'affronte ma plus grande peur : demander à devenir directrice générale, à la place de mon associé. Des mois de préparation, des nuits sans sommeil, la peur au ventre. Le jour venu, entourée d'hommes autour d'une table à Paris, je pose ma demande… et la réponse n'est pas celle à laquelle je m'attendais.
Ce jour-là aurait pu me briser. Il m'a au contraire permis de comprendre, en profondeur, ce qui m'empêchait d'avancer depuis le début, et de retrouver, enfin, de l'apaisement, du plaisir et de la sérénité dans mon rôle de dirigeante.
« Ce que fait Caroline Frontigny dans ce livre, c'est mettre des mots sur un mécanisme qu'on rencontre rarement avec autant d'honnêteté. »
Ce n'est pas un livre qui te dit quoi faire. C'est un témoignage de l'intérieur, scène par scène, pour que cela résonne avec tes expériences — et à la fin de chaque chapitre, un outil concret né de dix ans d'entrepreneuriat et cinq ans de coaching de dirigeantes :
tu vas te reconnaître, entrer dans les coulisses d'une vraie aventure entrepreneuriale, comprendre certains de tes propres mécanismes et repartir avec six outils

(La Boussole)
(La méthode des 3As)
(Le Cadre Soutenant)
(La méthode ANCRÉE)
(Le Pouvoir personnel)
(La Décision juste)
Une préface de Diane Audrey Ngako, entrepreneuse camerounaise, fondatrice du groupe Akéde Pouma.
Ce livre est pour toi si tu diriges ta boîte depuis quelques mois ou plusieurs années, seule ou avec un associé, et que tu te reconnais dans au moins une des situations plus haut.
Un livre pour toutes celles qui ont créé leur boîte, mais n'y ont pas encore pris toute leur place.
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